Il y a plus d’un siècle, le vélo est devenu pour Montréal un symbole de liberté de mouvement. À la fin du XIXᵉ siècle, la ville a connu un véritable boom du vélo, et aujourd’hui, cette histoire connaît un nouveau rebondissement avec le système de vélos en libre-service BIXI Montréal. Le vélo en libre-service à Montréal n’est pas apparu du jour au lendemain : il est le résultat d’un long développement des idées de mobilité urbaine, des solutions technologiques et de la lutte contre les défis d’une grande ville.
Des premières expériences utopiques en Europe au vaste réseau de stations au Canada, le parcours du vélo-partage montre comment l’attitude de la société à l’égard des transports, de l’écologie et de l’espace urbain évolue. Il est vrai que dans les années 1900, le tramway et l’automobile ont supplanté le vélo comme moyen de transport. Mais, aujourd’hui, plus de 100 ans après que les « vélos » aient conquis pour la première fois l’Amérique du Nord, le « deux-roues » est plus populaire que jamais. De plus, avec leur popularité croissante, les vélos sont devenus beaucoup plus accessibles. Comment cela s’est-il produit et qu’est-ce que le vélo-partage ? Découvrez-le ici : imontreal.net.
L’histoire de l’apparition du bike sharing dans le monde

L’idée du partage des vélos est apparue dès le milieu du XXᵉ siècle. Les premières expériences étaient radicales et utopiques à la fois. En 1965, des « vélos publics » ont été installés à Copenhague, que tout le monde pouvait emprunter gratuitement. Cependant, en raison du vandalisme et des vols, le projet a rapidement été abandonné.
Des initiatives locales similaires ont vu le jour en Allemagne et aux États-Unis dans les années 1970-1980, mais elles ont été limitées en raison de l’absence de technologies de contrôle et de paiement. La véritable percée a eu lieu à la fin des années 1990, lorsque les premiers systèmes avec des stations automatiques ont commencé à apparaître en Europe. Par exemple, à Brême et à Amsterdam, des vélos intelligents ont été testés, qui pouvaient être empruntés et rendus à des points fixes.
En 1995, la société suisse PubliBike a mis en place un système d’abonnements qui permettait aux utilisateurs de restituer les vélos dans n’importe quelle station. C’est ainsi qu’ont été posés les fondements des réseaux modernes.
Mais, c’est dans les années 2000 que le vélo en libre-service a connu une véritable reconnaissance mondiale. Le Danemark, notamment Copenhague, et la France sont devenus des sites pilotes pour des projets d’envergure. Ainsi, en 2007, le réseau Vélib’ a été lancé à Paris, et en 2008, Copenhague a mis en place City Bikes.
Les technologies GPS, les cartes à puce et les applications mobiles ont permis de rendre les vélos pratiques pour les utilisateurs et protégés contre le vol. Au cours des années suivantes, les systèmes ont commencé à intégrer des vélos électriques et à proposer des options sans station fixe, ce qui a considérablement simplifié leur utilisation et élargi leur couverture dans les villes.
Les noms de ces systèmes reflétaient souvent la nature du service qu’ils fournissaient. Par exemple, Vélib’ est une combinaison des mots vélo et liberté, Bicing à Barcelone est une combinaison des mots bike + cycling, et City Bikes à Copenhague souligne l’orientation urbaine. Ainsi, dès le début du XXIe siècle, le vélo en libre-service est devenu un élément important de la mobilité urbaine et des transports véritablement écologiques.
L’apparition du vélo-partage au Canada et à Montréal

Au Canada, l’idée du partage de vélos a gagné en popularité au début des années 2000, mais les premiers systèmes à grande échelle n’ont vu le jour qu’à la fin de la décennie. Montréal a été l’une des premières villes d’Amérique du Nord à lancer son système BIXI Montréal en 2009. À l’époque, le réseau comptait environ 3 000 vélos et 400 stations réparties dans toute la ville.
Le nom BIXI, comme tous les noms similaires dans d’autres pays, reflète le concept du service : il s’agit d’une combinaison des mots bicycle + taxi, c’est-à-dire vélo comme taxi urbain rapide. L’idée était de fournir un moyen de transport rapide et accessible pour les trajets courts, tout en préservant l’écologie et le confort des habitants et des touristes.
En plus de dix ans, BIXI Montréal est devenu le plus grand système de vélos en libre-service en Amérique du Nord. Des vélos électriques ont été ajoutés aux modèles classiques, le nombre de stations a été augmenté et l’application mobile de réservation et de paiement a été améliorée. Ce succès a fait de ce système un modèle pour d’autres villes du continent. Toronto, New York, Boston et plusieurs autres villes des États-Unis et du Canada ont mis en place leurs propres versions de BIXI en tenant compte des besoins locaux.
Vandalisme et vols : le côté obscur du vélo-partage

Mais, comme on l’a vu avec le temps, le vélo en libre-service, c’est pas seulement pratique et écologique, mais ça pose aussi de sérieux défis pour les villes et les opérateurs de ces systèmes. L’un des principaux problèmes rencontrés par de nombreux réseaux de vélos en libre-service dans le monde est le vandalisme et le vol, qui ont un impact direct sur l’accessibilité, les coûts et la confiance des utilisateurs.
Dès ses premières années d’exploitation, le système BIXI à Montréal a été confronté à des cas notables de vandalisme. Selon des études, au cours des deux premiers mois suivant son lancement en 2009, environ 20 % des vélos ont été endommagés, et environ 15 % des stations étaient hors service, tout cela en raison d’actes de vandalisme ou de tentatives de vol.
Cela a été une grande surprise pour les initiateurs du projet et les a incités à renforcer la construction des stations et à mettre en place des technologies de contrôle plus strictes. Mais, hormis les étapes initiales, le problème des vols de vélos n’a pas disparu pour autant, restant d’actualité même en dehors des stations officielles.
Selon les données d’études sur la sécurité à Montréal, la police enregistre chaque année des centaines de vols de vélos dans la ville, dont une partie concerne le système BIXI. De plus, dans les communautés d’utilisateurs et sur les réseaux sociaux, on trouve des messages faisant état de cas où des vélos BIXI n’ont pas été rendus ou auraient « disparu » des stations d’accueil, semant la confusion chez les utilisateurs et les opérateurs.
Certains de ces cas sont également liés à des erreurs techniques lors de la lecture de l’état des vélos dans les stations, ce qui conduit le système à les signaler par inadvertance comme volés ou « bloqués » sur les comptes des utilisateurs.
Et ce n’est pas un phénomène isolé, car d’autres services de vélos dans différentes villes d’Europe ont également signalé des problèmes de vol. À Kiev, par exemple, en raison des fréquents vols de vélos, le service BikeNow a été contraint de limiter le stationnement ou même de suspendre temporairement ses activités dans certaines zones, car la disparition du matériel menaçait la viabilité du projet.
Il est important de comprendre ici que, même si les technologies ont considérablement réduit la fréquence et l’ampleur des vols et du vandalisme par rapport aux premières années, il est impossible de les éliminer complètement. C’est une réalité pour tout système de vélos en libre-service dans les grandes villes, où les vélos sont disponibles 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 dans l’espace public.
Par conséquent, les questions de sécurité, de modernisation des équipements, d’intégration de nouveaux systèmes de protection et de coopération avec la police restent prioritaires pour les opérateurs et les villes qui développent le vélo-partage.
L’importance du vélo-partage pour Montréal

BIXI Montréal joue un rôle clé dans le développement d’un transport durable. Le système permet de réduire le nombre de voitures dans le centre-ville, favorise l’écologie en réduisant les émissions de CO₂ et assure en même temps l’accessibilité des transports à un large public. Les vélos sont disponibles pour les trajets courts, ce qui réduit la charge sur les transports publics et encourage un mode de vie sain.
Cependant, le développement du système s’accompagne également de problèmes. Au départ, les vols et les dégradations de vélos posaient de grandes difficultés, en particulier dans le cas du partage sans station d’attache. Et bien que les technologies modernes de serrures intelligentes et de GPS aient considérablement réduit ces risques, ils font toujours partie de la triste expérience urbaine.
Sources :
- https://www.canada.ca/en/news/archive/2009/11/bixi-bikes-built-nrc-partners-quebec.html
- https://www.goodnewsnetwork.org/montreal-lauches-bixi/
- https://clttoday.6amcity.com/city/charlotte-joy-rides-end-bike-share-program-nc
- https://bixi.com/en/who-we-are/
- https://ville.montreal.qc.ca/memoiresdesmontrealais/en/montreal-ville-cyclable-hier-et-aujourdhui