Il est logique que les pharmacies aient fait leur apparition au Canada en réponse au besoin de la population d’avoir accès à des médicaments et à des consultations médicales. Jusqu’aux XVIIIᵉ et XIXᵉ siècles, les gens utilisaient principalement des méthodes de traitement traditionnelles. Il s’agissait de décoctions à base de plantes, de teintures, de mélanges maison, etc. Les conseils sur ce qu’il fallait prendre étaient donnés par les anciens ou les guérisseurs locaux.
Par conséquent, les traitements étaient principalement domestiques : les gens cueillaient des plantes médicinales dans la forêt, séchaient les herbes et préparaient des décoctions, ou achetaient des ingrédients auprès de marchands ambulants. Mais à un moment donné, tout a changé : des pharmacies ont fait leur apparition au Canada, et Montréal n’a pas fait exception. Pour en savoir plus sur ce qui était vendu dans ces établissements, cliquez ici : imontreal.net.
Les spécificités des premières pharmacies

La première conséquence de l’apparition des pharmacies dans la ville a été un changement dans l’attitude des gens envers la médecine. La première pharmacie au Canada a été ouverte à la fin du XVIIIᵉ siècle, et les premiers établissements sont apparus à Montréal au début du XIXᵉ siècle. Ils étaient principalement situés dans les principales rues commerçantes, à proximité des hôpitaux et des cliniques.
Les fondateurs des pharmacies étaient principalement des pharmaciens ou des médecins qualifiés venus d’Europe, notamment de France, de Grande-Bretagne ou d’Allemagne. Dans les pharmacies, on ne vendait pas seulement des médicaments, mais les employés jouaient également le rôle de conseillers médicaux, devenant ainsi le centre de médecine préventive et curative pour les habitants locaux.
À première vue, les premières pharmacies ressemblaient à de petits ateliers. Elles étaient remplies du sol au plafond de bocaux, de tonneaux et de flacons en verre contenant des matières premières : herbes, racines, minéraux, produits chimiques. Les pharmaciens étaient à la fois médecins, technologues et conseillers. Avec le temps, la population a commencé à faire confiance aux établissements professionnels, car ils garantissaient la stabilité et la sécurité des médicaments par rapport aux méthodes domestiques .
Le travail des pharmacies au XIXᵉ siècle était complexe et exigeait de grandes compétences. Les pharmaciens préparaient eux-mêmes les médicaments, mélangeaient les poudres, cuisaient les teintures et les élixirs, séchaient les herbes et, si nécessaire, traitaient les minéraux. Tous les médicaments étaient fabriqués individuellement, selon la recette ; les ingrédients pouvaient être combinés dans différentes proportions.
Quant à l’assortiment de médicaments, il était assez varié : des remèdes contre la fièvre, la douleur, la toux et les laxatifs aux médicaments spécialisés pour l’estomac, le foie ou le cœur. Les prix étaient élevés pour les habitants ordinaires : les teintures et décoctions les plus simples coûtaient quelques centimes, tandis que les médicaments plus complexes à base d’herbes exotiques ou de composants chimiques pouvaient atteindre le prix d’une semaine de travail.
C’est pourquoi seules les couches les plus aisées de la population pouvaient s’offrir des médicaments, même si certains pharmaciens s’efforçaient de rendre les produits de base accessibles à tous.
De plus, il convient de noter que les pharmacies jouaient non seulement le rôle de point de vente, mais aussi celui de conseiller médical. La population s’adressait au pharmacien pour obtenir des conseils en cas de maladies bénignes ou pour prévenir les maladies. Dans de nombreux cas, le pharmacien créait ses propres recettes pour les clients qui n’avaient pas la possibilité de consulter un médecin, ou modifiait les ordonnances fournies par les spécialistes médicaux.
Particularités du fonctionnement ancien des pharmacies montréalaises

Au XIXᵉ siècle, les pharmacies ne vendaient pas seulement des remèdes à base de plantes et des mixtures habituelles. On y trouvait également des médicaments rares et exotiques à base de minéraux, de mercure, de teintures toxiques, d’herbes exotiques, d’huiles essentielles et de poudres spécifiques. Souvent, le pharmacien préparait lui-même les remèdes sur place, en utilisant ses propres méthodes ou des recettes transmises par ses maîtres.
Les ordonnances étaient rédigées par les médecins, mais les pharmaciens avaient le droit de donner des conseils et de fabriquer eux-mêmes des médicaments de base. Seul un spécialiste instruit, ayant suivi une formation en Europe ou acquis de l’expérience dans des pharmacies déjà en activité, pouvait devenir pharmacien. La formation comprenait des connaissances en botanique, en chimie, en médecine et en technologies de préparation des médicaments. À la fin du XIXᵉ sles premières écoles de pharmacie et les normes professionnelles ont commencé à apparaître, améliorant la sécurité et l’efficacité du travail des pharmaciens.
Les pharmacies de l’époque sont devenues des centres d’interaction sociale. Les gens y venaient non seulement pour acheter des médicaments, mais aussi pour obtenir des conseils, des informations sur la santé, voire pour échanger des nouvelles. C’était l’un des rares canaux d’accès aux connaissances médicales dans la société.
Le rôle des pharmacies à Montréal pendant les épidémies

Les pharmacies ont commencé à jouer un rôle important dans la vie de la communauté locale, en particulier lors des cataclysmes mondiaux que furent les épidémies. À Montréal, aux XIXᵉ et XXᵉ siècles, elles étaient non seulement des points de vente de médicaments, mais aussi d’importants centres de prévention.
Pendant l’épidémie de variole au XIXᵉ siècle, les pharmacies fournissaient à la population des vaccins, qui étaient l’un des premiers moyens de prévention disponibles. Les pharmaciens préparaient et distribuaient les vaccins, donnaient des conseils d’hygiène et d’isolement des malades. Ils fabriquaient également des teintures antiseptiques et des pommades pour traiter les zones cutanées touchées et, lorsqu’il était impossible de consulter un médecin, ils conseillaient les familles sur le traitement des symptômes à domicile.
Pendant la grippe espagnole de 1918-1919, les pharmacies de Montréal ont joué un rôle essentiel dans l’approvisionnement de la population en médicaments tels que des antipyrétiques, des décoctions à base de plantes, des désinfectants et des solutions alcooliques. Les pharmaciens ont organisé la vente de moyens de protection, diffusé des informations sur la prévention et ont même collaboré avec les médecins pour dépister les cas bénins de la maladie.
À l’époque actuelle, pendant la pandémie de COVID-19, le rôle des pharmacies à Montréal est devenu encore plus stratégique. Elles ont participé à la vaccination de masse, ont assuré l’accès aux antiseptiques, aux masques et aux tests de dépistage du SARS-CoV-2. Les pharmaciens ont conseillé la population sur la prévention, l’utilisation des médicaments et le maintien de l’immunité, tandis que les services de télémédecine et les plateformes numériques ont permis d’informer rapidement la population des changements apportés aux protocoles de traitement et de prévention.
Ainsi, les pharmacies de Montréal sont restées pendant des siècles non seulement des établissements commerciaux, mais aussi des centres de santé publique où l’aide pharmaceutique professionnelle était associée à la prévention, à l’éducation et au soutien social de la population. Leur rôle dans la lutte contre les épidémies, de la variole à la COVID-19, démontre que la profession pharmaceutique a toujours été et reste un élément essentiel du système de santé.
Les pharmacies modernes à Montréal

Aujourd’hui, les pharmacies de Montréal sont des établissements de santé modernes qui combinent la vente de médicaments avec des consultations médicales, des vaccinations et des programmes de prévention. Elles vendent des médicaments sur ordonnance et en vente libre, des vitamines, des compléments alimentaires, des appareils médicaux et des produits cosmétiques. Les médicaments les plus populaires sont ceux destinés au traitement des maladies chroniques, des problèmes cardiovasculaires, du diabète, les antibiotiques et les antiviraux, ainsi que les préparations destinées à renforcer le système immunitaire.
Les pharmacies modernes de Montréal utilisent les ordonnances électroniques, les bases de données numériques des patients, la télémédecine et les technologies de surveillance de la santé. Le pharmacien est un professionnel certifié qui doit obligatoirement exercer une période de stage et qui conseille sur l’utilisation des médicaments, la prévention des maladies et les modes de vie sains.
Les pharmacies restent un élément important du système de santé, car elles garantissent à la population l’accès à des médicaments sûrs, efficaces et scientifiquement éprouvés. En même temps, la pharmacie moderne va bien au-delà des simples mixtures à base de plantes d’autrefois, en proposant des médicaments efficaces, scientifiquement prouvés et standardisés, qui rendent les soins médicaux accessibles et sûrs pour tous les habitants de Montréal.
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