14 avril 2026

Montréal et la musique : l’histoire d’un mélomane, d’une autruche et d’un gramophone

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Il existe dans le monde de nombreuses sculptures insolites, voire quelque peu fantaisistes, consacrées à la musique. Elles apparaissent régulièrement dans différentes villes ou même dans différentes cultures, mais elles ont toutes un objectif commun : transmettre la puissance d’un art qu’il est impossible de voir, mais assez facile de ressentir.

Et cela n’a rien d’étonnant, car la musique n’a pas de forme, c’est pourquoi les artistes tentent souvent de la « matérialiser » à travers des symboles, des images et des choix artistiques inattendus. Pour en savoir plus sur ces monuments insolites, originaux et parfois farfelus dédiés à la musique et aux musiciens, rendez-vous sur imontreal.net

Des sculptures étonnantes dédiées à la musique à travers le monde

Par exemple, on trouve à Paris d’élégantes compositions sculpturales dédiées à des compositeurs et à des musiciens, qui font désormais partie du patrimoine culturel de la ville. L’un des plus célèbres est le monument dédié à Frédéric Chopin dans le jardin du Luxembourg.

Ce monument illustre non seulement la figure de ce compositeur de génie et pianiste virtuose, mais aussi l’esprit romantique de sa musique, profondément lié, malgré ses origines polonaises, à la culture française du XIXe siècle.

Le thème musical est tout aussi présent dans l’art public londonien. On y trouve des monuments dédiés tant aux compositeurs de musique classique qu’aux artistes contemporains. Mais, les sculptures consacrées aux figures légendaires de la musique britannique occupent une place particulière : elles soulignent le rôle de la ville en tant que l’un des centres mondiaux de l’industrie musicale.

Dans ce contexte, Montréal peut sembler un exemple moins évident, mais on y trouve également des œuvres d’art intéressantes, elles aussi liées à la musique. L’une des plus originales est la sculpture « Le mélomane ».

Même sans savoir exactement qui l’a créée, dans quel but et depuis combien de temps , ni ce qu’elle symbolise, cette œuvre attire immédiatement l’attention par son caractère insolite. Jugez-en par vous-mêmes : elle représente une autruche plongeant la tête dans un gramophone. À première vue, cela ressemble à une blague ou même à une image absurde, mais c’est précisément là que réside l’intention de l’artiste.

Il s’avère que cette sculpture symbolise une immersion totale dans la musique — cet état où l’on est tellement captivé par les sons qu’on s’y fond littéralement, se coupant ainsi du monde extérieur.

De même, l’image de l’autruche n’est pas du tout fortuite ici. Dans la culture populaire, cet oiseau est souvent associé à la volonté de se cacher ou d’échapper à la réalité. L’association de ce symbole avec le gramophone crée une métaphore frappante : la musique devient un refuge, un moyen de fuir le monde ou, au contraire, un moyen de s’immerger plus profondément dans ses propres émotions.

La sculpture elle-même a été installée dans l’espace public pour une bonne raison : cela la rend accessible à tous ceux qui le souhaitent. Autre point important : elle est dépourvue de la grandiloquence des monuments classiques et ne cherche pas à glorifier un personnage historique en particulier. Au contraire, son idée principale est de transmettre une expérience universelle, familière à tous ceux qui se sont déjà laissés emporter par la musique, en oubliant tout ce qui les entourait.

Ainsi, Le mélomane se distingue des autres sculptures musicales par son caractère résolument conceptuel et ironique. Et si, à Paris ou à Londres, on voit plus souvent des monuments traditionnels dédiés aux compositeurs et aux interprètes, Montréal propose une vision plus moderne et originale de la musique en tant que phénomène.

L’histoire de la création et l’idée derrière la sculpture « Le mélomane »

On peut dire que « Le mélomane » se trouve en plein cœur de Montréal, dans l’agréable parc François-Perrot. Comme nous venons de le découvrir, c’est l’une des sculptures les plus insolites de la ville. Le mélomane doit son existence à deux artistes canadiens, Jean-François Couque et Pierre Sasseville, qui ont ainsi décidé d’exprimer leur amour de la musique.

Ces artistes sont connus pour aimer jouer avec la forme et le sens. Leurs œuvres sont toujours un peu absurdes, parfois drôles, mais elles ne laissent jamais indifférent. « Le mélomane » en est un excellent exemple. Elle incite le spectateur à sourire, à réfléchir et, peut-être, à se remémorer ses propres moments où la musique a complètement envahi son esprit. La sculpture a vu le jour en 2011 dans le cadre du programme de développement de l’art public de Montréal.

Au premier abord, on pourrait penser qu’il s’agit simplement d’une image amusante. L’ironie réside dans le fait qu’au lieu du personnage familier du chien écoutant un gramophone, cette illustration représente un autruche. Il est un peu étrange, un peu absurde, mais c’est précisément ce qui rend cette composition sculpturale vivante et contemporaine.

Ce n’est pas un hasard si les habitants ont accueilli cette sculpture avec le sourire, car elle invite le spectateur à ressentir lui-même la musique, peu importe qu’il ne s’agisse que d’une autruche en bronze dans un parc.

En ce qui concerne le matériau, « Le mélomane » est réalisé en bronze, et un socle en béton a été utilisé pour assurer sa stabilité et son installation. C’est précisément ce qui rend la sculpture très solide, durable et adaptée à un espace extérieur , où elle peut être admirée sous tous les angles.

L’œuvre elle-même est le fruit d’un processus qui a duré plusieurs mois. C’est à peu près le temps qui s’est écoulé entre l’élaboration du concept et le montage final. Les artistes ont soigneusement étudié la forme, les poses de l’autruche et son interaction avec le gramophone, afin que l’ensemble paraisse à la fois naturel et quelque peu surréaliste.

Qui a créé Le mélomane ? Les auteurs et leur idée

Il est donc évident que la sculpture Le mélomane n’est pas apparue par hasard sur la pelouse verdoyante du parc François-Perrot à Montréal. Derrière elle se cache un duo créatif qui, depuis plus de 20 ans, réalise l’une des œuvres d’art public les plus intéressantes du Canada. Il s’agit d’un couple d’artistes québécois qui travaille sous le pseudonyme de Cooke-Sasseville.

Jean-François Couque et Pierre Sasseville se sont rencontrés à l’École des arts de l’Université Laval en 1997 et, dès 2000, ont commencé à créer en tant que duo d’artistes, alliant sculpture, l’installation et l’art conceptuel. Ils vivent et travaillent à Québec, mais leurs œuvres sont visibles non seulement à Montréal ou dans la province de Québec, mais aussi en Alberta et en Colombie-Britannique, ce qui témoigne d’une géographie créative assez étendue.

De plus, leurs œuvres se distinguent par leur humour, leur ironie et leur jeu singulier avec les formes. Les artistes aiment utiliser des images du quotidien ou des éléments de la culture pour les transformer en quelque chose d’inattendu et de drôle, mais en même temps de profond. Par exemple, dans Le mélomane, une icône familière à tous – le gramophone – est associée à un personnage inattendu : l’autruche.

Au cours de leurs deux décennies de collaboration, Cooke-Sasseville ont réalisé plus de 40 projets publics, participé à plus de 10 expositions personnelles et à environ 20 grandes expositions collectives aux États-Unis, en Europe et au Mexique. Leurs œuvres font partie de collections publiques et privées.

En 2012, ils ont remporté un prix prestigieux dans le domaine de l’art public lors du Gala des arts visuels. N’est-ce pas là une reconnaissance objective de la contribution de ces artistes à la culture canadienne contemporaine ? La question est rhétorique.

Un aspect de la vie quotidienne à Montréal

La sculpture « Le mélomane » a été installée précisément dans le parc François-Perrot, car il s’agit d’un espace public convivial à Montréal, où elle peut être admirée tant par les habitants que par les touristes, et où les œuvres d’art s’intègrent dans la vie quotidienne de la ville. Le mélomane est une expérience immersive qui donne envie de sourire sincèrement  et de s’arrêter un instant  au milieu  de l’agitation quotidienne.

Bien que « Le mélomane » ne soit pas le symbole touristique officiel de la ville, il est souvent inclus dans les circuits pédestres consacrés à l’art contemporain à Montréal, et les photos de cette autruche écoutant un gramophone circulent largement sur les réseaux sociaux.

C’est ainsi que, cette sculpture est devenue un symbole naturel de l’amour de la musique dans l’espace public, suscitant des émotions tant chez les Montréalais que chez les visiteurs de la ville.

Sources :

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