Trivial Pursuit est un jeu de société qui a gagné en popularité dans les années 1980. Le principe est simple : répondre à des questions de culture générale, allant de la découverte de l’Amérique à l’univers du « Seigneur des Anneaux ». Apprenez-en plus sur la création de ce jeu sur imontreal.
Tout a commencé par une idée

La création du jeu Trivial Pursuit est l’œuvre de deux amis : Chris Haney, chef du service photo à la Montreal Gazette, et Scott Abbott, journaliste sportif pour La Presse Canadienne. Le 15 décembre 1979, les deux hommes se sont retrouvés pour une partie de Scrabble. Au cours du jeu, ils se sont mis à discuter des millions de dollars que l’entreprise derrière ce jeu devait amasser. Après quelques bières, l’idée de créer leur propre jeu pour faire fortune a germé dans leur esprit.
La création du jeu
La mécanique du jeu s’inspire des quiz traditionnels. L’idée était que les joueurs se posent mutuellement des questions de culture générale pour voir qui était le plus calé.
Pour créer le prototype, Chris et Scott ont découpé des carrés de couleur, chaque couleur correspondant à une catégorie : géographie, divertissement, histoire, arts et littérature, sciences et nature, et sports et loisirs. Ils ont ensuite collé ces carrés sur un carton pour créer le plateau de jeu. Puis, ils ont commencé à rédiger les questions. Pour chaque bonne réponse, les joueurs recevaient un petit triangle en plastique (surnommé « camembert » en France) à insérer dans leur pion. Le premier joueur à rassembler tous les triangles avait la chance de répondre à une question finale pour remporter la victoire.
La recherche d’investisseurs et les premières ventes

Une fois le Trivial Pursuit prêt, il fallait trouver des fonds pour lancer la production, car leurs économies personnelles ne suffisaient pas. Les premiers investisseurs furent le frère de Chris et l’avocat Ed Warner.
L’argent manquant toujours, la recherche s’est poursuivie. Au total, ils ont convaincu 32 investisseurs et levé 40 000 dollars, ce qui a permis de fabriquer les 1000 premiers exemplaires.
Les premières ventes se sont faites à perte, car le coût de fabrication d’un jeu dépassait son prix de vente. De plus, les détaillants étaient sceptiques : ils ne croyaient pas que les adultes s’intéresseraient à un jeu de société à une époque où les jeux vidéo gagnaient en popularité.
Pourtant, en 1981, quelques magasins ont accepté de collaborer avec Horn Abbott, la société fondée par Chris et Scott. Ils continuaient de vendre à perte et avaient perdu tout espoir de rembourser leurs investisseurs. Mais en 1982, les commandes des détaillants ont commencé à augmenter. L’espoir renaît. Chris a emprunté 40 000 dollars supplémentaires à son père pour obtenir un prêt bancaire de 75 000 dollars et produire 20 000 jeux de plus. Ils ont réussi à les vendre avant la fin de l’année. Trivial Pursuit était devenu plus populaire que les jeux vidéo et s’achetait souvent pour animer les soirées.
La production à grande échelle
En 1983, Chris et Scott se sont rendus à la Foire du Jouet de New York pour trouver un partenaire afin de conquérir le marché américain. Ils ont approché Selchow & Righter, le fabricant du Scrabble. L’entreprise a finalement accepté de produire le Trivial Pursuit.
Une stratégie marketing intelligente et des publicités à la radio ont fait exploser les ventes. En 1984, 20 millions d’exemplaires avaient été vendus, à une époque où un tirage de 100 000 unités était déjà considéré comme un grand succès. On estime qu’en 1986, un foyer sur quatre possédait un exemplaire du Trivial Pursuit.
Au fil des ans, les droits de production du Trivial Pursuit sont passés d’une entreprise à l’autre. En 1986, Coleco a racheté Selchow & Righter. Après la faillite de Coleco, ses actifs ont été repris par Hasbro. Hasbro avait déjà acquis Milton Bradley en 1984, puis Parker Brothers en 1991.
Le succès du jeu a été phénoménal. Le magazine Time a un jour qualifié Trivial Pursuit de « plus grand phénomène de l’histoire du jeu ». Le jeu a été vendu dans 26 pays et traduit en 17 langues. Plus tard, des versions informatiques ont même vu le jour.