14 mai 2026

Comment le premier chasse-neige a été inventé

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Les gros flocons blancs qui tourbillonnent et recouvrent tout d’un manteau duveteux créent une atmosphère hivernale féerique. Du moins, jusqu’à ce que la neige s’accumule au point de paralyser la circulation en ville. Un résident de Montréal a décidé de s’attaquer au problème en concevant une machine spécialement pour déneiger les rues. Apprenez-en plus sur imontreal.

La souffleuse à neige est devenue une aide indispensable lors des hivers rigoureux, lorsque les rues sont envahies de congères qui bloquent le passage des véhicules comme des piétons. Cet engin est apparu au début du XXe siècle, mais il est aujourd’hui difficile d’imaginer un hiver sans lui à Montréal, l’une des villes les plus enneigées d’Amérique du Nord.

Comment déneigeait-on les rues autrefois ?

Avant l’apparition des engins de déneigement, la neige était enlevée à la main, à l’aide de pelles et de pioches. Au milieu du XIXe siècle, on a commencé à utiliser des chevaux attelés à des charrues spéciales pour repousser la neige. Avec l’arrivée de l’automobile, on a continué d’utiliser des charrues, mais cette fois fixées à l’avant des véhicules.

L’invention de la souffleuse à neige
Снігоочисник Sicard

Entre 1880 et 1927, la population de Montréal a triplé et le nombre de voitures a explosé, rendant essentiel un déneigement plus efficace des rues.

C’est un fermier de la ville, Arthur Sicard, qui s’est sérieusement penché sur la question. Avec son père, il gérait une ferme laitière et rencontrait de grandes difficultés à livrer le lait en ville pendant l’hiver.

Un jour, il observait le travail d’une batteuse dans un champ de blé, voyant comment elle récoltait et séparait le grain de la paille. Il s’est alors dit que rien ne l’empêchait d’inventer un système similaire pour la neige. Il a commencé à réfléchir à la manière d’adapter une telle mécanique au nettoyage des rues enneigées.

Il a commencé à développer sa machine en 1894. Partant de zéro et travaillant seul, il était animé d’une grande motivation. Il bricolait chaque jour, sur son temps libre, après le travail à la ferme.

Le développement du projet, sa réalisation, les tests et les améliorations ont duré près de 30 ans. De nombreux inventeurs n’auraient pas résisté à l’épreuve du temps, baissant les bras et abandonnant leurs projets. Mais pas Arthur, déterminé à atteindre son but. Même lorsque les essais dans les rues de la ville attiraient les regards étonnés et parfois les moqueries, il n’a pas abandonné. En 1925, il achève son invention, qu’il baptise « Souffleuse à neige Sicard ».

Son invention était si efficace qu’Arthur a pu la vendre à la Ville de Montréal en 1927 pour la somme de 13 000 dollars canadiens. Par la suite, la ville a acheté plusieurs autres machines pour déneiger les rues et les trottoirs, notamment à Outremont. Grâce à leur montage sur camion, les souffleuses ont gagné en popularité, mais elles restaient trop chères pour les particuliers.

En septembre 1929, Arthur Sicard fonde la « Compagnie de machines à neige Sicard Limitée » à Montréal. En novembre 1937, l’entreprise change de nom pour devenir « Sicard Limitée ».

Même si Arthur Sicard n’a pas connu un immense succès commercial au Canada, sa contribution à la résolution du problème du déneigement est indéniable. Dans les années 1960, les nouveaux modèles se sont multipliés, devenant au fil du temps plus puissants et plus faciles à manœuvrer.

Comment fonctionnait le mécanisme

La souffleuse à neige se composait de trois parties : le camion porteur, une section de collecte de la neige et une goulotte d’éjection équipée d’un puissant ventilateur. Ce dernier pouvait projeter la neige à environ 27 mètres ou la diriger vers la benne du camion. La machine était aussi efficace sur la neige fraîche que sur la neige tassée. Elle était dotée de lames rotatives inspirées de celles des batteuses, qui cassaient et déplaçaient la neige pour en faciliter l’expulsion.

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