14 février 2026

L’histoire des infirmières de Montréal : des soins charitables à la force professionnelle

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Les soins infirmiers sont l’une des formes les plus anciennes de soins dans la société humaine.  Il est certain qu’il est aussi ancien que la maladie elle-même.   Des monastères de l’Europe médiévale aux facultés de médecine des universités modernes, les infirmières ont joué un rôle indispensable dans le traitement des corps malades et le réconfort des âmes meurtries par le malheur.

De plus, si l’on considère les actions des sœurs de charité à l’échelle mondiale, l’évolution du métier d’infirmière reflète également des changements sociaux considérables. Il s’agit de l’entrée des femmes dans la vie publique, des progrès scientifiques en médecine et, même si cela a été assez lent, de la reconnaissance des soins infirmiers comme une profession qualifiée. Pour en savoir plus sur la naissance et le développement des soins infirmiers à Montréal, ainsi que sur l’impact des deux guerres mondiales sur cette profession, rendez-vous sur imontreal.net

Les « moniales grises » et la naissance du métier d’infirmière à Montréal

Au Canada, l’histoire du mouvement infirmier est particulièrement marquante. Pendant la période coloniale et après la création de la Confédération, la profession infirmière s’est développée sous l’influence des ordres religieux, des guerres mondiales, des épidémies et du développement progressif de l’enseignement professionnel laïc. Aujourd’hui, les infirmières canadiennes sont parmi les professionnelles de santé les plus respectées au monde : elles ont une formation universitaire, sont soumises à une réglementation législative et jouent un rôle central dans la prestation des soins de santé dans les communautés, tant urbaines que rurales.

Montréal ne différait guère à cet égard : les racines des soins infirmiers modernes dans la métropole se trouvent non seulement dans les hôpitaux, mais aussi dans les organisations religieuses. Au XIXe siècle, alors que Montréal connaissait une croissance économique rapide et que l’industrialisation apportait pauvreté et maladies à certaines couches de la population, les soins aux malades n’étaient pas encore une responsabilité de l’État.

La majeure partie de cette responsabilité incombait aux ordres religieux catholiques féminins, dont les membres considéraient le service aux pauvres et aux malades comme l’expression de leur foi. Les « sœurs grises », officiellement connues sous le nom de « Sœurs de la Charité de Montréal », ont été parmi les plus influentes à cet égard.

Fondées en 1737 par Marguerite d’Youville, les « Sœurs grises » ont été l’un des premiers groupes organisés d’infirmières au Canada. Leur nom vient des simples robes grises qu’elles portaient, contrairement aux robes plus colorées des autres ordres. Bien que leurs débuts aient été modestes, leur influence a été considérable : les « sœurs » dirigeaient des hôpitaux, des orphelinats, des maisons de retraite et venaient en aide aux personnes qui n’avaient nulle part où aller.

À cette époque, ce travail était physiquement et émotionnellement épuisant. Les « religieuses grises » aidaient dans des salles surpeuplées sans conditions sanitaires modernes, faisaient face à des épidémies de variole, de tuberculose et de typhus, et s’occupaient de personnes que la société ignorait souvent. Leurs hôpitaux offraient la seule aide structurée accessible aux malades pauvres.

Les patients plus aisés pouvaient se permettre d’avoir des médecins privés, mais pour la classe ouvrière urbaine et les familles immigrées, les religieuses fournissaient un refuge, de la nourriture, des médicaments et, si nécessaire, des soins permanents au chevet des malades. Il est important de noter que ces femmes n’étaient pas de simples bénévoles. Leur existence était une vie de service discipliné. Il s’agissait de prières, de vie en communauté et de longues journées passées à soigner les blessés et les mourants.

À une époque où les études médicales officielles étaient rares pour les femmes, les sœurs ont développé des compétences pratiques qui ont estompé les frontières entre la charité et la profession. Outre les ordres catholiques tels que les « Sœurs grises », il existait à Montréal d’autres groupes, tels que les Sœurs de la Providence et les Augustines de l’Hôtel-Dieu, qui contribuaient chacun à l’expansion du réseau de soins à Montréal et au-delà. Ensemble, elles ont jeté les bases de systèmes de soins aux malades plus structurés.

Professionnalisation des soins infirmiers

Le passage des soins fondés sur la foi aux soins infirmiers professionnels s’est accéléré à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Sous l’influence de réformateurs internationaux tels que Florence Nightingale, les hôpitaux canadiens ont commencé à mettre en place des programmes officiels de formation des infirmières. Les écoles rattachées à des établissements tels que l’Hôpital général de Montréal proposaient des programmes d’études structurés en anatomie, physiologie, hygiène et pratique clinique.

Ainsi, pour la première fois, les femmes qui n’appartenaient pas à des ordres religieux ont eu la possibilité d’exercer le métier d’infirmière. Les classes ont remplacé les infirmeries monastiques, les manuels ont remplacé l’enseignement exclusivement oral. Des examens et des certificats standardisés ont fait leur apparition, et les soins infirmiers ont commencé à être reconnus non seulement comme un service charitable, mais aussi comme une science appliquée, fondée sur des connaissances et des compétences.

Les représentantes de cette nouvelle profession médicale ont passé les examens les plus difficiles pendant les épidémies et les guerres. Par exemple, la pandémie de grippe espagnole de 1918 a balayé le Canada à une vitesse dévastatrice. Montréal, avec ses quartiers densément peuplés et ses ports animés, a été particulièrement touchée. Dans ce contexte, les infirmières formées, disciplinées et mobiles ont été les premières à réagir à cette terrible tragédie.

Ils travaillaient dans les services d’urgence, dispensaient les soins de base, contrôlaient la température et rassuraient les patients dont les familles étaient trop effrayées ou trop malades. Sans vaccins ni antibiotiques, les soins prodigués par les infirmières constituaient la principale protection contre cet ennemi invisible.

La Première et la Seconde Guerre mondiale

Tout comme la grippe espagnole a constitué un défi pour la santé publique, les deux guerres mondiales ont transformé le métier d’infirmière en une force humanitaire mondiale. Pendant la Première Guerre mondiale, les infirmières canadiennes ont rejoint les services militaires et la Croix-Rouge. Elles ont servi à l’étranger, en Europe, travaillant dans des hôpitaux de campagne improvisés près des fronts ou dans de plus grandes installations médicales militaires éloignées de la ligne de front.

Il va sans dire que les conditions étaient assez difficiles pour ces femmes fragiles. Les contusions, les intoxications au gaz, les blessures dans les tranchées et les maladies infectieuses étaient leur lot quotidien. Mais même dans ces conditions, les infirmières faisaient preuve d’une grande maîtrise technique et d’une résistance extraordinaire. Les infirmières canadiennes de l’époque de la guerre ont été parmi les premières femmes du pays à servir à l’étranger dans des unités médicales militaires officiellement organisées, et leur service a accru la reconnaissance publique de la profession infirmière comme une profession d’importance nationale.

Pendant l’entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale, la formation et les fonctions des infirmières se sont encore élargies. Elles coordonnaient le travail des ambulances, dirigeaient les services d’urgence pendant les raids aériens et fournissaient des soins de rééducation aux soldats qui revenaient du front. Les deux guerres mondiales ont accéléré les innovations dans la pratique clinique.

Par exemple,  avec le développement rapide des technologies médicales, les infirmières ont acquis une maîtrise parfaite de la thérapie intraveineuse, de l’assistance chirurgicale, du contrôle des infections et de la gestion des cas, autant de compétences qui ont façonné les systèmes de santé d’après-guerre.

Les réalités actuelles du métier d’infirmière à Montréal

Les étudiants en médecine d’aujourd’hui à Montréal ont des origines très diverses. Certains s’inscrivent directement après avoir terminé leurs études secondaires, d’autres sont des professionnels qui changent de carrière.

Les étudiants issus des peuples autochtones, les immigrants, les francophones et les anglophones étudient côte à côte. La pratique clinique se déroule dans les hôpitaux urbains, les cliniques rurales, les établissements de soins de longue durée et dans le cadre de programmes d’aide sociale.

Sources :

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