8 février 2026

Fouilles archéologiques à Montréal : découverte d’artefacts appartenant à la culture Lamoca

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La place Royale de Montréal a une longue histoire riche en événements. Sa particularité réside dans le fait qu’elle était un véritable carrefour d’échanges et de commerce avant même la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. C’est ici que vivaient les peuples autochtones du Canada actuel. Plus tard, du XVIIe au XIXe siècle, un marché s’est installé à cet endroit. En 1836, un bâtiment a été construit sur cette place, dans lequel se trouvait le premier bureau de douane de Montréal. En conséquence, on a prévu de créer une place des Douanes à son emplacement. En 1892, elle a été baptisée place Royale. 

Un siècle plus tard, cet endroit, ainsi que l’ancienne douane, ont été intégrés au complexe archéologique et historique de Montréal. Pour en savoir plus sur les fouilles grandioses menées à Montréal sur la place Royale et sur les artefacts qui y ont été découverts, rendez-vous sur imontreal.net

Place Royale

Située dans la partie ouest du Vieux-Montréal, la place Royale fait partie de Pointe-à-Callière, le complexe archéologique et historique de la métropole. Il s’agit d’un espace ouvert entouré de bâtiments construits pour la plupart au XIXe siècle. Au nord, juste en face du fleuve Saint-Laurent, l’espace est fermé par l’Ancienne Douane, et à l’ouest, il est bordé par deux autres pavillons muséaux, la Maison de la Marine et l’Éperon.

D’une importance historique et culturelle colossale, la place Royale est depuis plus d’un siècle un lieu culte de Montréal. Les célébrations des 250e et 350e anniversaires de la fondation de la ville, les plaques commémoratives et la toponymie témoignent de l’importance et de là valeur symbolique considérable de cette place. Un autre fait historique qui souligne tout ce qui précède est celui des noms donnés à cette place. À une certaine époque, elle s’appelait Place du Marché et Place des Douanes, Place d’Armes, Place du Vieux Marché et Place Duan.

Comme on peut le constater, l’histoire de la place Royale est étroitement liée à l’héritage du Vieux-Montréal. Après être devenue le centre du commerce des fourrures aux XVIIe et XVIIIe siècles, la ville a acquis au XIXe siècle le statut de plaque tournante économique de l’Empire britannique en Amérique du Nord, s’imposant comme la métropole du Canada. En 1834, les hommes d’affaires montréalais ont appelé à la construction d’un bureau de douane, qui a été érigé près du port, sur l’ancienne place du Vieux Marché. Après sa construction, le nouveau bâtiment est devenu une icône de la ville, immortalisée dans de nombreuses représentations.

Cependant, au début du XXe siècle, la renommée de ce lieu s’est progressivement éteinte. Les affaires et le commerce ont quitté la vieille ville pour s’installer dans le nouveau centre, plus au nord. C’est alors que commence un long déclin de la vieille ville. Il n’épargne pas non plus la place Royale. Même l’obélisque dédié aux fondateurs, érigé ici en 1941, ne parvient pas à la sauver.

Mais tout a une fin, tôt ou tard. Dans les années 1960, la place Royale est sortie de l’oubli, ou du moins les premiers signes de rénovation sont apparus. En 1962, la célèbre Commission Jacques-Vigeau a été créée et le gouvernement du Québec a reconnu le Vieux-Montréal comme quartier historique. Et près de 10 ans plus tard, en 1979, le ministère de la Culture et la ville de Montréal ont signé le premier protocole visant à protéger et à mettre en valeur le patrimoine de Montréal. Par la suite, le Vieux-Montréal est devenu le premier grand projet, et la place Royale le lieu des premières fouilles archéologiques importantes.

Découvertes archéologiques

En fin de compte, à partir de 1980, des archéologues et d’autres spécialistes ont commencé à explorer les profondeurs de cette zone importante. Cette recherche a duré plus de dix ans, jusqu’en 1991. Pendant cette période, plusieurs couches d’activité humaine ont été découvertes ici. De nombreux artefacts et vestiges architecturaux témoignaient de l’attrait géographique de cet endroit. Cela était attesté par le fait que la zone avait été utilisée par différents habitants, différents peuples, pendant au moins des milliers d’années.

Par exemple, les archéologues ont découvert des fragments de céramique amérindienne, des pointes de flèches datant de plusieurs siècles avant l’arrivée des Européens. Les scientifiques ont découvert les contours d’une palissade qui entourait la ville à l’époque du régime français, ainsi que les vestiges de bâtiments militaires, à savoir deux bâtiments de garde, un entrepôt royal, la résidence de Rockberg et des fortifications en pierre qui protégeaient Montréal entre 1717 et 1804.

Mais ce n’est pas tout. Nous avons parlé de plusieurs couches, mais tout en haut, à côté de ces vestiges anciens, ont été mis au jour des vestiges des XIXe et XXe siècles : les murs de l’hôtel Würtel et des entrepôts Baby and Bug, les vestiges d’une fontaine de la place de la Douane et le socle sur lequel se dressait un obélisque. Toutes ces découvertes archéologiques revêtaient une importance matérielle et historique particulière, surtout à la veille du 350e anniversaire de Montréal.

D’ailleurs, c’est justement le désir de montrer tous les artefacts trouvés qui a mené à la création du projet du musée Pointe-à-Callière. Il a été décidé de préserver l’accès aux vestiges de différentes civilisations. Pour ce faire, une plate-forme surélevée a été construite au-dessus d’eux, et sa surface extérieure a été transformée en espace public. Ensuite, à l’intérieur, sous la plate-forme, les visiteurs ont pu explorer ces sites archéologiques.

On sait que le concept choisi fait référence au passé de ce lieu. Le long de l’axe est-ouest, la plate-forme est divisée par une étroite bande de verre, aux extrémités de laquelle sont gravés les chiffres 1642 et 1992. Ce sont les années de fondation de Montréal et de son 350e anniversaire. De plus, au pied de la place, quatre grandes plaques rectangulaires contiennent des textes relatifs à l’histoire de la ville.

Analyse des découvertes

Après avoir analysé les artefacts archéologiques et historiques, les scientifiques ont conclu que la caractéristique la plus marquante de ce lieu était qu’il s’agissait d’un carrefour de différentes civilisations, où l’échange et le commerce prédominaient. Il y a plus de 4 000 ans, des tribus de chasseurs-cueilleurs de la culture Lamoka, venues du sud, probablement des terres de l’actuel État de New York, se sont installées à cet endroit.

Plusieurs autres groupes de peuples autochtones les ont suivis et se sont également installés ici pendant un certain temps. Plus tard, les tribus iroquoises de Saint-Laurent sont arrivées et se sont installées dans cette région. Les Iroquois ont laissé de nombreuses traces sur la place Royale, notamment des pointes de flèches, des fragments d’outils, des céramiques, etc. Tout ce qui a été trouvé date de la période comprise entre 1000 et 1535 après J.-C.

Après la visite de Jacques Cartier à Hochelaga en 1535, les Iroquois ont quitté la vallée de la rivière, probablement à cause des guerres et des épidémies. La région est restée inhabitée jusqu’au retour de Samuel de Champlain en 1611. C’est lui qui a baptisé la terre où il a débarqué « Place Royale ». Plus tard, sur ce bout de terre délimité par deux rivières, Maisonneau et Jeanne Manse ont fondé le fort Ville-Marie. Près de ce fort, autour de la place publique qui deviendra plus tard la place du Marché, se tenait une grande foire aux fourrures qui apporta à Montréal ses premières richesses au milieu du XVIIe siècle.

Place Royale — notre époque

Le paysage bâti et végétalisé de la place, rebaptisée place Royale en 1892 à l’occasion du 250e anniversaire de Montréal, a peu changé au cours des cent années suivantes. À l’exception peut-être de l’installation d’un obélisque en 1941. Le chapitre le plus récent de l’histoire de cette place publique commence avec les fouilles archéologiques des années 1980 et la création du musée Pointe-à-Callière en 1992.

Pointe-à-Callière a d’ailleurs collaboré avec le Laboratoire d’histoire et du patrimoine pour étudier les archives documentaires liées à l’histoire, par exemple, du marché Sainte-Anne et du Parlement, dans le cadre d’un grand projet intitulé « Montréal, centre d’échange », financé par une subvention du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Des historiens, des doctorants et des étudiants de maîtrise, ainsi que des employés de l’Université de Sherbrooke ont participé à ce projet.

Sources :

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