Les catholiques de Montréal ont toujours compté sur la forte présence de l’Église dans la vie quotidienne, l’éducation, la santé et la charité, en particulier avant les années 1960. C’est l’Église qui a créé des institutions telles que des écoles, des hôpitaux et des orphelinats pour les catholiques francophones, qui a joué un rôle important dans la vie de la communauté et qui a fortement influencé la vie politique par l’intermédiaire des nationalistes franco-canadiens. Les activités religieuses, la participation à la vie paroissiale et les œuvres caritatives étaient au cœur de leur vie quotidienne. Pour en savoir plus sur l’histoire du catholicisme à Montréal et au Québec, consultez imontreal.net.
« Rome de l’Amérique »

Montréal, surnommée « la Rome de l’Amérique », est connue pour ses nombreuses flèches d’églises appartenant à différentes confessions chrétiennes. En effet, l’archidiocèse de Montréal compte à lui seul 217 lieux de culte. Dans ce contexte, il convient de mentionner la plus grande église du Canada et le lieu de pèlerinage catholique le plus important au monde. Il s’agit de l’Oratoire Saint-Joseph, qui domine Montréal.
Situé sur le versant nord-ouest du mont Royal, c’est le seul bâtiment de Montréal autorisé à s’élever au-dessus de la montagne. Outre son importance religieuse, il convient également de noter que le bâtiment offre l’une des plus belles vues sur la ville et ses couchers de soleil. Son dôme monumental, d’un diamètre de 39 mètres, est visible à plusieurs kilomètres à la ronde.
L’Oratoire attire chaque année deux millions de visiteurs, croyants et non-croyants. Les catholiques les plus fervents peuvent monter à genoux les 99 marches en bois qui leur sont réservées.
À l’origine, il s’agissait d’une modeste chapelle en bois, conçue par le frère André en 1904, mais elle a dû être agrandie en raison de sa popularité croissante auprès des pèlerins. La construction du majestueux Oratoire tel qu’on le connaît aujourd’hui a commencé en 1916 et s’est achevée en 1967. À cette époque, plus de 30 ans s’étaient écoulés depuis la mort de son fondateur. Les restes du saint frère André, canonisé en 2010, sont aujourd’hui conservés dans l’Oratoire.
Outre la chapelle d’origine, qui existe toujours bien qu’elle ait été déplacée, la basilique, influencée par la Renaissance italienne, est entourée d’une crypte, d’une chapelle votive, de divers bâtiments annexes et de jardins. Le jardin du Chemin de Croix, qui contient 42 statues sculptées dans le calcaire, est un lieu idéal pour la méditation. De plus, comme l’Oratoire n’est plus uniquement fréquenté par des pèlerins, la visite peut être combinée avec une excursion au musée local. Celui-ci est connu pour sa collection de crèches et d’autres œuvres du patrimoine religieux.
Ainsi, quiconque visite l’Oratoire Saint-Joseph peut comprendre pourquoi Montréal est surnommée la « Rome de l’Amérique ».
Territoire de l’église

Mais Montréal n’est pas seulement célèbre pour ses églises catholiques, même les plus grandioses et les plus majestueuses. Les croyants, les ministres du culte, qui ont façonné l’histoire de la ville, ont joué un rôle important. Cela a été particulièrement visible dans la seconde moitié du XIXe siècle, marquée par une augmentation du nombre de personnalités religieuses.
Au début des années 1840, l’Église catholique disposait d’un personnel religieux assez modeste, surtout compte tenu de la croissance démographique au cours de cette décennie. Mais à partir de cette époque, tout a commencé à changer rapidement. Même si cela impliquait de devoir se rendre en France.
C’est ce qu’a fait l’évêque de Bourges, qui a effectué deux voyages en France en 1841 et 1847. Son objectif était de recruter des membres de communautés religieuses prêts à s’installer au Canada. Ces efforts ont porté leurs fruits. Plusieurs communautés acceptèrent d’aider le clergé. À la fin du siècle, le Québec comptait plus de 6 500 religieuses, alors qu’il n’y en avait que 650 en 1850.
Dans le même temps, le territoire de l’Église catholique s’étendait et le nombre de diocèses augmentait. En 1870, l’Église avait plus de 600 paroisses sous sa tutelle. Les catholiques n’hésitaient pas à convertir la population autochtone à leur foi. L’objectif principal de cette conversion était d’apporter le christianisme et la civilisation aux Indiens. Il convient de noter ici que ces deux concepts étaient considérés comme équivalents à l’époque.
Enfin, l’Église catholique n’oubliait pas de prendre soin des colons qui s’installaient sur de nouvelles terres qui devaient être défrichées. C’est à cette époque que furent créés les « services dans les camps de travail ». Le principe de la campagne était assez simple : on habillait les prêtres catholiques plus chaudement, on les équipait de raquettes et de chapelles portables, puis on les envoyait dans les camps de bûcherons.
L’Église dans les établissements de santé

Ce n’est un secret pour personne qu’au XIXe siècle, à Montréal, les services sociaux et médicaux relevaient de la responsabilité d’organisations caritatives privées ou religieuses. L’État n’intervenait pas volontiers dans ces domaines, très souvent de manière indirecte, en apportant sa contribution sous forme de subventions uniquement.
Il est toutefois indéniable que lors de catastrophes naturelles, telles que les épidémies, qui étaient assez fréquentes au XIXe siècle, l’État lui-même apportait une aide directe à la population. En matière de charité, on peut noter des différences entre les donateurs anglophones et francophones. Les institutions caritatives anglophones étaient principalement le fruit du travail d’organisations et de groupes de citoyens, ou de la générosité financière de la bourgeoisie. Parmi les francophones, la pratique consistant à confier la gestion des hôpitaux et des hospices à des communautés religieuses, principalement féminines, était courante.
Dans le même temps, l’augmentation de la population urbaine a exacerbé les problèmes sociaux existants, qu’il fallait résoudre. Par exemple, vers 1830, les « Sœurs grises » ont ouvert un bureau d’aide aux pauvres et fondé une soupe populaire gratuite. À partir de 1844, les « Sœurs de la Providence », fondées par Émilie Hamelin, ont pris soin des personnes défavorisées. Et en 1848, la « Société de Saint-Vincent-de-Paul » a été fondée à Montréal. C’est un laïc qui en a pris l’initiative, mais ce sont des religieux qui se sont chargés des tâches quotidiennes et de la gestion.
De même, certaines communautés religieuses féminines, telles que l’Ordre augustinien du Québec, se sont également spécialisées dans les soins de santé et ont rempli ce rôle depuis les débuts de la colonie. Les hospices pour femmes, personnes âgées et malades chroniques se sont multipliés. À partir de 1849, les Sœurs de la Charité de Québec ont dirigé un orphelinat et accueilli les personnes défavorisées, les personnes âgées, les enfants issus de familles démunies, ainsi que les malades et les infirmes.
Une restructuration à grande échelle

Comme indiqué précédemment, dans les années 1840, l’Église catholique a entamé une restructuration à grande échelle. L’influent évêque de Montréal, Ignace Bourgeois, a dirigé l’ensemble des travaux. À cette époque, la pratique religieuse a été rétablie. De plus en plus de croix routières apparaissent dans les paroisses rurales. Les retraites religieuses sont de plus en plus populaires. La pratique du Carême, c’est-à-dire la période de jeûne et de prière de 40 jours qui précède Pâques, est rétablie. Les prières à Dieu ou aux saints, répétées pendant neuf jours consécutifs dans le but d’exaucer un vœu ou de rendre hommage, redeviennent populaires. L’Église catholique devient la principale institution régissant la vie sociale : elle contrôle les pratiques sociales des catholiques de la naissance à la mort.
Les efforts de renouveau de l’Église catholique portent donc leurs fruits. L’Église accueille de nombreux nouveaux paroissiens, en particulier parmi les femmes. Certaines sont attirées par la vie dans une communauté religieuse, qui permet à beaucoup d’entre elles d’avoir plus d’indépendance. Les catholiques se consacrent à l’idéal religieux, mais peuvent en même temps travailler comme enseignantes ou infirmières, ou participer à l’aide aux personnes dans le besoin. La vocation religieuse retrouve un certain prestige, et pour de nombreux Canadiens français, avoir un prêtre ou une sœur dans la famille devient un véritable honneur.
Sources :
- https://actualites.uqam.ca/2015/congres-sur-heritage-culturel-catholicisme-quebecois/
- https://www.lapresse.ca/voyage/ou-aller-a-montreal/2025–05–01/a-la-decouverte-des-eglises-de-montreal.php
- https://histoire.recitus.qc.ca/periode/explorer/1840–1896/page/la-place-de-l-eglise-catholique-dans-la-societe-quebecoise