Comme la plupart des autres produits laitiers, la glace a une longue histoire. L’invention des desserts glacés remonte à l’époque de la Rome antique. Selon la légende, l’empereur Néron envoyait ses serviteurs ramasser de la neige dans les montagnes. Ils l’arrosaient ensuite de miel et de jus de fruits. Ce caprice impérial, bien qu’un peu exagéré, peut être considéré comme la première glace.
Toutefois, l’apparition « officielle » de la glace n’a eu lieu qu’en 1533. L’humanité doit cette invention aux cuisiniers italiens de Catherine de Médicis. Du XVIe au XVIIe siècle, la glace devient populaire dans les milieux aristocratiques et bourgeois. Au XIXe siècle, cette mode ne fait que croître, entraînant l’émergence de nouvelles saveurs crémeuses plus riches. Pour savoir si les Montréalais aiment la crème glacée et comment elle est apparue dans la métropole, consultez le site imontreal.net.
L’histoire de la glace

Sur le continent nord-américain, la crème glacée était à l’origine une « chose » américaine. La première glace a été servie aux États-Unis en 1700. C’est aux États-Unis que sont apparus les premiers bars laitiers, vers 1800, et les premiers livreurs de glace, une vingtaine d’années plus tard. En même temps, le produit préféré souffrait de sérieux inconvénients, ou plutôt, ses connaisseurs en souffraient.
En effet, la glace était fabriquée en petites quantités, selon des méthodes artisanales. Elle était donc considérée comme un produit d’élite, voire de luxe, destiné aux couches supérieures de la société. Mais à l’approche de l’industrialisation, tout a radicalement changé. Vers 1 850, les premières fabriques de glaces sont apparues. Tout cela s’est reproduit aux Etats-Unis.
Ainsi, produit en grande quantité, ce dessert est devenu accessible au commun des mortels, puisqu’il était vendu à un prix assez bas. D’ailleurs, la baisse des prix est due à la mécanisation croissante de la production. En effet, si la crème glacée était d’abord fabriquée à la main dans des crèmeries en bois, elle fut bientôt produite à l’aide d’une machine à vapeur, puis avec l’aide de l’électricité. Dans le même temps, la popularité de la crème glacée ne disparut pas. D’ailleurs, au début du 20e siècle, la production américaine de ce produit atteignait des dizaines de millions de gallons.
Crème glacée québécoise

Et que dire du Québec et de l’une des mégapoles de la province, Montréal. L’industrie de la crème glacée est apparue au Québec au début du 20e siècle. À cette époque, il y a déjà des vendeurs ambulants de crème glacée à Montréal. Cependant, ces personnes offraient un produit fait à la main, livré sur une petite charrette. Ces vendeurs étaient très populaires auprès des enfants, surtout pendant les étés chauds.
Dans le même temps, les médecins et les hygiénistes étaient moins enthousiastes à l’égard des parfums de crème glacée. Leur pessimisme était particulièrement évident à une époque où la mortalité infantile était en hausse. À cette époque, une lutte s’engage pour la pasteurisation obligatoire du lait et des voix s’élèvent pour réclamer des normes claires pour la production de crème glacée.
Ces normes sont finalement apparues en 1910 avec l’adoption de la loi sur la falsification. À l’époque, la teneur minimale en matières grasses des glaces était fixée à 14 % et les additifs chimiques étaient limités à 2 %. Le fait est que certains producteurs avaient l’habitude de proposer des glaces dont la teneur en matière grasse était inférieure à 10 %. Parallèlement, ils ajoutaient de la gélatine pour « stabiliser » le produit fini. C’est dans ce contexte de controverses et de débats que naît l’industrie de la crème glacée à Montréal. Au fil du temps, les bars et les usines de crème glacée font partie du paysage montréalais.
Cependant, ce n’est que dans les années 1940 que l’industrie commence vraiment à se développer. L’après-guerre La prospérité économique a permis aux familles de la classe ouvrière d’acheter plus souvent des glaces. De plus, le gouvernement fédéral ne considère plus la glace comme un luxe et, en 1950, elle n’est plus taxée. Le baby-boom, l’accès à la voiture, le développement des banlieues et de la villégiature créent des conditions favorables à l’industrie.
De plus en plus de bars laitiers apparaissent dans les villes. Même les supermarchés proposent déjà leurs propres marques de crème glacée. Montréal et la crème glacée commencent à se confondre. La production annuelle de ce produit double tous les dix ans environ et la consommation par habitant ne cesse d’augmenter.
L’histoire de la glace à Montréal

Les premiers chariots à glace sont apparus à Montréal à la fin du XIXe siècle. Ces petits chariots sur roues, que l’on pousse à la main ou que l’on attache à une bicyclette, sont entièrement autonomes. Ils contenaient un tonneau de glace dans lequel était placé un tonneau de lait aromatisé et sucré. La basse température de la glace permettait au produit de rester intact.
En échange d’un penny, le vendeur remplissait un petit récipient d’une portion de glace. Mais comme il n’y avait pas de cuillères ni de baguettes à l’époque, il fallait la manger avec la langue, ce qui a donné naissance à l’expression « liche-crème », qui a survécu dans la langue vernaculaire québécoise jusqu’au siècle suivant. Le tintement caractéristique des cloches annonçait l’apparition de ces belles boutiques mobiles dans les parcs et même dans certains quartiers résidentiels de la métropole.
C’est à cette époque que les restaurants les plus réputés commencent également à offrir de la crème glacée. Elle se décline en plusieurs parfums, par exemple au restaurant Château Frontenac dès son ouverture. La carte des années 1890 à 1920 mentionne des glaces à l’orange, au café, à la framboise, à la pistache, à l’amande et au caramel. Parfois, la crème glacée est servie avec d’autres gourmandises, comme les macarons à la crème glacée.
Outre la crème glacée elle-même, Montréal proposait également des friandises glacées et d’autres produits dérivés. Certaines de ces idées ont été couronnées de succès, tandis que d’autres ne sont même plus évoquées. Par exemple, au milieu du 20e siècle, plusieurs entreprises québécoises inspirées par l’expérience des États-Unis ont commencé à produire des sandwichs à la crème glacée, ainsi que du fondant au chocolat et des sucettes sur bâton.
Parmi les idées commercialement infructueuses des années 1980, Culinar a investi 1,5 million de dollars pour installer une nouvelle ligne de production de crème glacée Vachon dans son usine de Sainte-Marie-de-Bos. Malgré l’enthousiasme des clients, l’initiative s’est révélée être un échec commercial. En effet, le dessert a été trop endommagé lors de sa livraison à Montréal, ce qui a entraîné d’importantes pertes. Finalement, l’idée a été abandonnée. Actuellement, l’entreprise ne produit que des bûches de Noël pour la crème glacée. Elles sont produites de manière saisonnière et sont très demandées.
Glace artisanale

Les congélateurs domestiques, qui se répandent dans les foyers nord et sud-américains dans la seconde moitié du 20e siècle, facilitent grandement cette tâche. Les congélateurs domestiques, qui se répandent dans les foyers nord et sud-américains au cours de la seconde moitié du XXe siècle, facilitent grandement la tâche.
Les journaux n’ont pas tardé à suivre le mouvement. Tout le monde se rend compte que la crème glacée n’a pas d’âge, comme le proclame une affiche de 1954, la crème glacée « est un aliment pour les jeunes et les vieux ».
Aujourd’hui, la crème glacée continue de faire le bonheur des Montréalais, malgré les tentatives de réduction de la teneur en sucre et en matières grasses du produit au début du nouveau millénaire. La crème glacée continue de régner en maître dans la métropole, et il suffit de voir le nombre de boutiques qui s’empressent d’offrir de la crème glacée sous forme de coupes glacées, de cornets, de gelât, etc. Tout cela nous amène à une seule pensée, inébranlable et vraie, surtout avec la chaleur : cette tendance n’est pas prête de s’arrêter.
Sources :