8 février 2026

Comment les Jeux olympiques de Montréal sont devenus le centre d’intrigues politiques

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Les XXIes Jeux olympiques d’été se sont déroulés en 1976 à Montréal, qui est devenue la première ville canadienne à organiser cet événement. Les compétitions, qui ont eu lieu du 17 juillet au 1er août, ont marqué l’histoire par leur ampleur, avec plus de 6 000 athlètes représentant 92 pays. Cependant, cette édition a aussi été marquée par un boycott important : plus de 20 pays, majoritairement africains, ont refusé de participer pour protester contre une tournée de l’équipe de rugby de Nouvelle-Zélande en Afrique du Sud. Pour en savoir plus, consultez imontreal.net.

Les origines du conflit

Pour comprendre pourquoi des dizaines de pays africains ont boycotté les Jeux de Montréal, il est essentiel de revenir sur le contexte politique de l’époque. Le problème central était la politique d’apartheid en vigueur en Afrique du Sud depuis le milieu des années 1950. Ce régime, dirigé par la minorité blanche (environ 12 % de la population), imposait une ségrégation et une oppression systématiques à la population noire.

En 1976, juste avant les Jeux olympiques, de violentes émeutes ont éclaté à Soweto, l’un des plus grands townships d’Afrique du Sud, où la population noire était contrainte de résider. Le 16 juin 1976, plus de 20 000 étudiants ont organisé une marche de protestation.

Leur colère était due à une nouvelle loi sur l’éducation qui imposait l’afrikaans, une langue jugée difficile, comme langue d’enseignement obligatoire, interdisant l’usage de l’anglais ou des langues africaines autochtones. L’affrontement avec la police a été quasi immédiat. Les forces de l’ordre ont d’abord utilisé des gaz lacrymogènes avant d’ouvrir le feu sur la foule, causant la mort de 350 personnes.

La Nouvelle-Zélande au cœur du boycott

Le même été, l’équipe de rugby de Nouvelle-Zélande a effectué une tournée en Afrique du Sud, violant ainsi les sanctions internationales en place. Cette décision a profondément indigné 28 pays africains, qui estimaient que l’exclusion de l’Afrique du Sud des Jeux olympiques ne suffisait pas pour condamner l’apartheid. Ils ont exigé que la Nouvelle-Zélande soit également exclue de la compétition, mais le Comité International Olympique (CIO) a refusé, arguant que le rugby n’était pas une discipline olympique.

En réponse, à quelques jours seulement de la cérémonie d’ouverture, ces pays ont annoncé leur boycott des Jeux de Montréal. Parmi eux figuraient l’Algérie, la République centrafricaine, le Cameroun, le Tchad, le Congo, l’Égypte, l’Éthiopie, le Gabon, la Gambie, le Ghana, le Guyana, l’Irak, le Kenya, la Libye, la République malgache, le Niger, le Nigeria, le Soudan, la Tanzanie, le Togo, l’Ouganda, la Haute-Volta et la Zambie.

Les conséquences du boycott

Annoncé à la dernière minute, le boycott a forcé Montréal à annuler ou à reporter plusieurs événements, entraînant des pertes financières d’environ 1 million de dollars. De nombreux athlètes, déjà arrivés au Canada et parfois avec de sérieuses chances de médailles, ont dû repartir. L’équipe du Cameroun, n’ayant pas été prévenue à temps, a même commencé à concourir. Quatre de ses cyclistes ont appris le retrait de leur pays seulement après avoir franchi la ligne d’arrivée d’une course de 100 kilomètres.

Mais la conséquence la plus importante fut médiatique : le mot « apartheid » a fait la une des journaux du monde entier. Le grand public a pris conscience de la situation, augmentant la pression sur les gouvernements. Ces événements ont marqué un tournant décisif dans la lutte contre la ségrégation raciale, qui prendra fin près de 18 ans plus tard. En voyant des athlètes noirs sacrifier leur rêve olympique, la jeunesse sud-africaine a trouvé une nouvelle source d’inspiration pour poursuivre son combat pour ses droits.

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