8 février 2026

L’histoire du premier hôpital de Montréal

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L’Hôtel-Dieu, dont le nom signifie littéralement « l’auberge de Dieu », a été fondé à l’initiative de Jeanne Mance pour soigner les malades qui ne pouvaient pas se permettre de se faire traiter ailleurs. Pour en savoir plus, visitez imontreal.

La fondation du premier hôpital

Arrivée de France sur l’île de Montréal en 1642, Jeanne Mance fonde le fort de Ville-Marie (aujourd’hui Montréal) aux côtés de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Au début, elle exerce la médecine dans un petit local de la rue Saint-Paul, qui comprend une cuisine, sa chambre, une chambre pour les domestiques et une salle des malades dotée de huit lits.

Trois ans plus tard, un hôpital en pierre est construit en dehors du fort. Il sert à la fois de paroisse, de refuge et de centre à la nouvelle colonie, qui s’étendra par la suite autour de lui. La construction, qui coûte 8 000 livres sterling, est financée par la duchesse d’Aiguillon, Marie-Madeleine de Vignerot. Elle continuera à faire des dons pour améliorer et agrandir l’hôpital.

En 1659, Jeanne Mance retourne en France pour recruter trois religieuses hospitalières de Saint-Joseph, Marie Guesnet, Anne Le Cointre et Marie Forestier, qui l’aident à soigner les patients.

En 1672, l’hôpital compte trois salles pour les patients, soit 50 lits au total. L’une est réservée aux femmes, une autre aux hommes, et la troisième aux officiers et aux riches.

Qui pouvait se faire soigner à l’hôpital ?

À l’époque, les personnes aisées faisaient appel à des médecins à domicile pour se faire soigner. L’hôpital accueillait donc tous ceux qui avaient besoin d’aide mais qui n’avaient pas les moyens de se payer de tels services. Ils étaient soignés, nourris et hébergés gratuitement. Une grande partie des patients étaient des personnes âgées dont le maintien à domicile n’était pas possible.

En temps de guerre, l’hôpital accueillait les militaires blessés et les marins tombés malades au cours de voyages dans des conditions d’insalubrité. Les femmes s’y rendaient à la suite de blessures domestiques ou après des accouchements difficiles, bien qu’elles accouchaient généralement à la maison avec l’aide de sages-femmes. Les hommes y étaient souvent traités pour des blessures liées à leur profession : agriculture, pêche, chasse, etc.

En période de grippe ou de bronchite, l’hôpital était très fréquenté, mais la situation était particulièrement difficile lors des épidémies de variole, de tuberculose et de choléra.

Jeanne Mance meurt en 1673. La direction de l’hôpital est alors confiée aux religieuses qu’elle avait fait venir de France.

Incendies et destructions

En juin 1755, un incendie détruit complètement l’hôpital. Les religieuses tentent de le reconstruire, ce qu’elles parviennent à faire partiellement quelques années plus tard. En 1759, lors du siège de la ville, l’hôpital est de nouveau endommagé par des tirs de canon. Une partie des moulins est également détruite et du bétail est tué. Les religieuses sont alors contraintes de trouver des fonds pour la reconstruction. Elles vendent une partie des terres et proposent des services de blanchisserie et de boulangerie.

En 1784, l’hôpital reprend son activité. Il ne dispose plus que de 18 lits. En 1826, il en compte 30, et ce nombre augmente chaque année. L’hôpital devient un lieu d’enseignement en collaborant avec la faculté de médecine de l’université Laval. Les étudiants et les professeurs y sont désormais accueillis.

En 1861, l’hôpital ne peut plus s’agrandir. Il est donc déplacé au pied du mont Royal, loin du centre-ville pollué. L’air de la montagne est, de plus, bénéfique pour la santé des patients. Le complexe se compose d’un couvent, de l’hôpital, d’un orphelinat et d’une chapelle. Une partie du mur de pierre qui entoure l’hôpital a été conservée. Les restes de Jeanne Mance et des premières hospitalières sont réinhumés dans la crypte de la chapelle.

Depuis 1996, l’Hôtel-Dieu fait partie du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM).

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