8 février 2026

L’éducation physique dans les écoles primaires : comment y parvenir, même si ce n’est que deux heures par semaine

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Une étude menée par l’Université de Sherbrooke en 2013 a révélé que 69 % des écoles primaires du Québec offrent deux heures d’éducation physique par semaine, comme le recommande le ministère de l’Éducation. Par exemple, en 2012, l’école Notre-Dame-de-Grâce à Montréal n’offrait à la plupart de ses élèves que 55 minutes d’éducation physique par semaine. C’est loin dès deux heures recommandées par le ministère de l’Éducation. Pour en savoir plus sur l’attitude des établissements scolaires de Montréal et de leurs élèves à l’égard des cours d’éducation physique, rendez-vous sur imontreal.net.

Recommandations du ministère de l’Éducation

Sept ans plus tard, malgré la construction d’un nouveau gymnase, cette école n’atteint toujours pas cette norme, car 14 nouvelles classes ont été ajoutées. La directrice de l’établissement, Johann Carmichael, a déclaré qu’elle ne serait pas en mesure d’offrir aux élèves deux heures d’éducation physique par semaine pour l’ensemble de l’école. La raison est simple : l’école est trop grande. Par conséquent, les élèves du deuxième cycle, c’est-à-dire les classes de 3e et 4e années, n’ont qu’une heure, sinon le temps imparti serait épuisé, ajoute la directrice.

Mais à l’école Saint-Barthélemy de Montréal, certains élèves devaient se rendre dans un autre bâtiment pour suivre leurs cours d’éducation physique. En théorie, les élèves du bâtiment Érables avaient une heure et demie d’éducation physique par semaine. Mais pour ceux qui devaient se déplacer, ce chiffre était automatiquement réduit à une heure et dix minutes.

La conclusion est simple : la surpopulation des écoles a été et reste un problème grave pour la métropole. À cet égard, l’école de Saint-Barthélemy, par exemple, doit également jumeler des groupes et enseigner ensemble à des enfants de plusieurs classes. La même restriction s’applique à l’école Préville de Saint-Lambert. Deux groupes d’une cinquantaine d’élèves chacun se retrouvent régulièrement dans le même gymnase. Et même les non-initiés comprennent ce que cela signifie, dans ce cas, il peut être très difficile de contrôler l’espace et le bruit.

Cela devient ridicule. Les enseignants, par exemple, admettent qu’ils viennent à ces cours combinés avec des bouchons d’oreille, que j’utilise de temps en temps.

Mais les recommandations du ministère sont les recommandations du ministère, donc quoi qu’il en soit, par exemple, l’école de Préville a réussi à augmenter le nombre d’heures d’éducation physique pour tous ses élèves à deux, comme recommandé. Même si, comme l’admet l’école, cela n’a pas été facile.

Heures d’éducation physique

Chaque école décide elle-même du temps à allouer à des matières telles que l’art, l’anglais et l’éducation physique. Si l’on ajoute du temps à une matière, on augmente le temps consacré à une autre. Cette question est si sensible pour les parents des élèves de Preville que deux avocats ont été requis lors du vote du conseil d’administration de l’école. Karin Labell, directrice de l’école, estime qu’il est impératif de consulter les parents pour s’assurer que les directives sont respectées. Karin estime que cela est nécessaire pour éviter tout débat sur la question, qui peut devenir émotionnel.

Historiquement et culturellement, les parents de l’école de Préville souhaitent que l’anglais soit enseigné. Cependant, Karin Labelle aimerait que les deux heures d’éducation physique soient obligatoires et non seulement recommandées. Elle croit fermement aux bienfaits de l’enseignement de l’éducation physique. D’ailleurs, à l’école de Préville, les enfants eux-mêmes réclament depuis longtemps plus d’heures d’éducation physique.

Après tout, s’il y a moins d’heures d’éducation physique, les enfants ne peuvent même pas se souvenir de ce qu’ils ont fait la semaine dernière. Or, pour bien progresser dans le développement de la motricité, il faut au moins deux heures d’éducation physique. C’est aussi ce que disent les professeurs d’éducation physique de cette école. Par ailleurs, la recherche montre que l’éducation physique ne contribue pas seulement au développement de la motricité, mais aussi à celui de l’écriture, de la lecture et même des mathématiques.

Recommandations, en vain

De nombreux experts, réunis au sein de la Coalition québécoise sur le poids, ont réagi à ces recommandations. Ainsi, il a été recommandé de rendre obligatoire un temps minimum pour les cours d’éducation physique. Sylvain Turcotte, professeur à l’Université de Sherbrooke, était l’un de ces experts. D’ailleurs, il demande aujourd’hui d’introduire encore plus d’éducation physique dans les écoles primaires.

Les recherches montrent que les jeunes ont de très faibles capacités motrices. Cette déficience affecte-t-elle leur potentiel de performance scolaire ? La réponse est sans équivoque. Deux heures d’éducation physique suffisent-elles ? La réponse est tout aussi claire : non.

Depuis 2017, les écoles montréalaises ont mis en place une nouvelle mesure appelée « À l’école, on bouge ! » Elle s’applique à un quart des écoles primaires de la province de Québec. L’objectif de cette mesure est de faire bouger les élèves 60 minutes par jour avec des pauses actives en classe. Parallèlement, il est souhaitable de modifier l’offre d’activité physique pendant les récréations et le service de garde. À cette fin, les cours d’école devraient par exemple être réaménagées à certains endroits.

La mesure propose également d’augmenter le temps alloué aux cours d’éducation physique. Suzanne Laberge, professeur au département de kinésiologie et des sciences de l’activité physique de l’Université de Montréal, a mené une enquête auprès de plus de 400 écoles sur cette question. Malheureusement, moins de 5 % d’entre elles ont pu ajouter du temps aux cours d’éducation physique. Les résultats de l’enquête ne sont pas encourageants.

De plus, certaines écoles ont même été tentées de déroger aux deux heures d’éducation physique recommandées, sous prétexte qu’elles organisent déjà la même manifestation « On bouge à l’école ! » pour encourager les enfants à bouger. Mais c’est une erreur, disent les experts, car l’activité physique ne remplace pas l’éducation physique.

Par exemple, Véronique Marchand, directrice de la Fédération québécoise des éducateurs et éducatrices, est convaincue que le mouvement pour le mouvement, selon les recherches, ne donne pas autant que l’exercice volontaire. Il s’agit plutôt d’un moment de plaisir, de détente, voire d’un état de rajeunissement, mais en termes d’acquisition ou de développement de compétences, seule l’activité professionnelle est utile.

Sentiment de compétence

Selon les experts, la clé d’une vie longue et active réside d’abord dans la capacité à bouger activement. Et il faut apprendre à le faire. Dans ce cas, le sentiment de compétence sera utile et vous donnera envie de bouger. Et c’est là que tout se passe. C’est l’avis d’Etienne Pigeon de l’Institut national de la santé du Québec.

On sait que les cours d’éducation physique sont conçus pour aider les jeunes à acquérir des habiletés motrices de base. Si un enfant a une bonne coordination œil-main, ce qui s’acquiert dans les cours d’éducation physique, ou s’il peut bien sauter ou lancer un ballon, il a toujours la possibilité d’obtenir de bien meilleurs résultats dans les sports. Par conséquent, ces exercices seront beaucoup plus agréables. Et cette reconnaissance vous motivera à poursuivre ces exercices plus tard.

Presque tous les experts sont d’accord sur un point : l’idéal est de faire de l’éducation physique au moins une heure par jour. Les enfants soutiennent volontiers cette affirmation. Par exemple, le jeune Lucas de Notre Dame de Grasse dit qu’il apprend à jouer au volley-ball et qu’il trouve cela très bien.

Marie-Josée Normandin, en revanche, ne voit pas encore le moment où les enfants pourront faire de l’éducation physique dans son école, au moins deux heures par semaine. Elle pense qu’il faut d’autres plates-formes pour cela. Alors, évidemment, le problème reste entier.

Sources :

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