9 février 2026

Traitement efficace de l’épilepsie et cartographie cérébrale : l’histoire du neurochirurgien Wilder Penfield

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Wilder Graves Penfield, une figure emblématique de la neurochirurgie, est connu comme le tout premier neurochirurgien de Montréal. Bien qu’il ait initialement jugé cette discipline comme l’une des plus horribles, il a réussi à percer les mystères de l’organe le plus complexe du corps humain : le cerveau. Penfield a notamment élucidé la manière dont certaines fonctions corporelles sont contrôlées par des zones spécifiques du cerveau. Ses travaux ont également porté sur les mécanismes des maux de tête et le rôle de l’hippocampe dans la mémoire. Pour en savoir plus, visitez imontreal.

Ses jeunes années

Né en 1891 à Spokane, Wilder Graves Penfield grandit dans une famille de médecins, son père et son grand-père exerçant cette profession, tandis que sa mère était enseignante. À l’âge de huit ans, il déménage à Hudson avec sa mère, sa sœur et son frère. Sa mère y fonde une école privée pour garçons, où Wilder reçoit son éducation primaire avant d’intégrer l’université de Princeton, dans le New Jersey. Diplômé en 1913, il entreprend avec sa mère un petit voyage sur la rivière Hudson jusqu’à Montréal, une ville qu’il découvre pour la première fois, mais certainement pas la dernière.

L’aventure d’Oxford

En 1914, Wilder Penfield décroche la prestigieuse bourse Rhodes, qui lui ouvre les portes de l’université d’Oxford. Il postule au Merton College, mais se heurte à une condition inattendue : il doit passer un examen de grec ancien, une matière qu’il n’a jamais étudiée. Malgré une préparation intensive, il échoue. Déterminé, il se prépare pour la session de rattrapage de septembre et intègre en parallèle l’université de Harvard, à Boston, où un professeur accepte de lui donner des cours de grec le matin.

Finalement, l’examen est annulé, ce qui lui permet de commencer ses études au Merton College en janvier 1915. C’est là qu’il fait la rencontre de Charles Sherrington et William Osler, deux figures majeures de la médecine. Il obtient son baccalauréat en physiologie en 1916 et rentre en Amérique.

Une carrière de médecin

À 27 ans, Penfield débute son internat. En juin 1921, il devient neurochirurgien à l’Hôpital presbytérien, où il peut également se consacrer à la recherche. Son premier patient est un jeune homme atteint d’une tumeur cérébrale inopérable. Impuissant, Penfield obtient l’autorisation des parents pour étudier le cerveau du jeune homme après son décès, dans l’espoir de sauver d’autres vies à l’avenir.

Le déménagement à Montréal et la cartographie du cerveau

En 1928, Wilder Penfield est nommé professeur de neurochirurgie à l’université McGill et devient, par la même occasion, le premier neurochirurgien de Montréal. En 1934, il est nommé directeur du nouvel Institut de neurologie de l’université, un poste qu’il occupe jusqu’à sa retraite, à l’âge de 69 ans.

En 1928, Penfield se rend à Breslau pour rencontrer le professeur Otfrid Foerster, qui lui fait une démonstration d’une technique chirurgicale innovante : l’opération sous anesthésie locale. Foerster lui montre comment stimuler électriquement le cerveau des patients éveillés, sans qu’ils ne ressentent de douleur, puisque le cerveau n’a pas de récepteurs à la douleur.

Cette expérience est une révélation pour Penfield. Elle devient la base de ses travaux de cartographie cérébrale. Grâce à une légère stimulation électrique, il parvient à localiser les zones sensorielles et motrices du cerveau qu’il doit éviter de toucher pendant l’opération. Il consigne méticuleusement chaque point de stimulation, les réactions du patient et ses propres observations. Ce travail de titan lui permet de dresser des cartes détaillées de la localisation des fonctions cérébrales. La stimulation provoquait parfois des crises d’épilepsie, ce qui permettait à Penfield de localiser avec précision le foyer épileptique à enlever.

Au cours de sa carrière, Wilder Penfield a opéré personnellement 1 000 patients. La moitié d’entre eux a été complètement guérie de l’épilepsie, et 25 % a constaté une amélioration significative de leur état.

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